Le harnais ne se choisit pas au hasard, il dépend de la position du chien. Pour nos leaders et nos points, nous utilisons le R-harness de VIP Dogwear, qui libère l'épaule et convient aux chiens de course comme nos sibériens. Pour les chiens de team et de wheel, c'est le Stick harness de la même marque, pensé pour soulager le poitrail des chiens qui tirent fort. Sur certaines femelles leaders, nous utilisons aussi des harnais Harness X Shirt 2.0 Axaeco
Si Katarina a choisi ces modèles, ce n'est pas un hasard, leur structure correspond à la biomécanique de ses chiens, des mâles grands, des femelles plus petites au buste imposant, avec des lignes affûtées. Et il faut garder l'œil en permanence. Les tailles sont repérées par une couleur, et au fil des entraînements un chien se muscle et peut changer de taille. Tel chien en harnais bleu l'an dernier passe au gris cette année, sinon c'est une compression du poitrail, une mauvaise position et des douleurs qui finissent par atteindre son envie de travailler. Feriez-vous 20 kilomètres de marche avec des chaussures trop petites ? Pour un chien, c'est pareil.
Chaque chien sort en liberté tous les jours, environ 45 minutes, pour se dépenser et garder son enclos propre le plus possible. Le reste du temps, on répare, on prépare les traîneaux, on nettoie. Et il y a la nourriture, près de 55 à 65 kilos de viande congelée par jour pour 65 chiens, à casser et répartir en rations individuelles selon l'âge, le poids et l'effort de chacun, certains anciens ayant leurs médicaments. Au repas, on fait la police pour que chaque chien mange sa propre gamelle.
Mais le plus gros du travail, c'est d'apprendre le nom de tous les chiens. Il m'a fallu presque 20 jours. Sans le nom, on ne peut rien faire, ni rappeler un chien, ni le soigner, ni lui donner la bonne ration. Ce sont des races nordiques têtues et intelligentes, qui vous jugent avant de vous accorder leur confiance.
Et cette confiance, c'est exactement ce qui me permet de les photographier. Un chien habitué à ma présence depuis un mois se comporte naturellement devant l'objectif. On ne fait pas une belle image d'un chien apeuré, comme en photographie animalière où l'on ne dérange jamais son sujet. Sauf qu'ici, ce sont des chiens de travail qui décident eux-mêmes du moment où ils vous ouvrent leur monde.

Mais il n'y a pas que la confiance des chiens à gagner, il y a aussi celle de Katarina et Daniel. Plus ils nous font confiance, plus on a la chance d'évoluer avec leurs chiens et de gagner en autonomie. On ne confie pas la responsabilité de ses animaux à n'importe qui.
Et il ne faut pas oublier que ce sont des Nordiques. Il y a des frontières de mode de vie qu'il faut apprendre à connaître et à comprendre. Le non-dit par exemple, ces longs silences qui n'ont rien de gênant pour eux, peuvent dérouter un Français. Tout cela demande un vrai investissement personnel pour gagner des points. Mais eux aussi tenaient à ce qu'on s'intègre bien, et ils nous ont accueillis avec des soirées dans la kota, à partager du renne et de l'élan.
L'automne, c'est tout cela à la fois. Bientôt la neige recouvrira tout, les clients arriveront, et la nuit polaire s'installera avec ses moins 32 degrés. C'est la Partie 3 de cette histoire.
Cette immersion nourrit toute mon approche du reportage. Marques ou structures qui travaillent avec l'animal, parlons-en.
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